Le présentéisme toxique : "Présent mais absent"
Jaana
Quand les salariés viennent au travail malades, épuisés ou démotivés... et que ça coûte plus cher que l'absentéisme.
Dans un monde du travail où la présence est souvent confondue avec la performance, nombreux sont ceux qui viennent au bureau le coeur vide, l’esprit ailleurs ou le corps malade. Il y a celui qui arrive à 8h, s’installe à son poste et multiplie les pauses-café. Celle qui enchaîne les réunions, le nez sur son écran, sans jamais intervenir. Ou cet autre qui vient avec 39° de fièvre par crainte d’être mal vu. Autrement dit, être physiquement présent au travail alors qu’on ne peut - ou ne veut- plus y contribuer efficacement. Ce phénomène qu’on appelle le “présentéisme toxique” coûte bien plus cher aux entreprises que l’absentéisme classique.
Si de nombreux salariés persistent à être présents physiquement malgré la maladie, l’épuisement ou le manque de sens, c’est souvent moins par zèle que par crainte. La peur d’être jugé, remplacé ou d’envoyer un mauvais signal à sa hiérarchie. Cette logique s’installe d’autant plus facilement dans des cultures managériales fondées sur le contrôle ou l’hyperconnectivité et finit par produire un équilibre fragile. Moins de recul, plus de fatigue, une performance qui diminue lentement tant individuellement que collectivement.
En France, selon une enquête du Cabinet Midori Consulting, le présentéisme représenterait entre 13 et 25 milliards d’euros de pertes chaque année. Une étude complémentaire publiée par Le Figaro Emploi en mai 2025 confirme cette estimation en évaluant la perte de productivité moyenne à 10-20% jusqu’à 60% dans les cas graves, soit entre 6 et 36 € perdus par heure travaillée.
Le présentéisme toxique est une illusion de loyauté, un masque porté par ceux qui n’osent plus s’écouter. Pourtant, dans une société où le travail est en mutation, où le bien-être devient un levier stratégique il est urgent de redonner sa place à la présence engagée.
Etre présent ce n’est pas juste occuper une chaise …Derrière cette apparente normalité, le présentéisme affecte la santé, l’efficacité et la dynamique collective. Encore peu débattue, cette réalité mériterait d’être placée au coeur des politiques de qualité de vie au travail. C’est dans cette optique que j’ai conçu l'atelier "Respire à 9" pour les entreprises : 9 mn chaque matin pour cultiver la concentration, réduire le stress et renforcer la cohésion d'équipe. Lorsqu’on va bien, on travaille mieux ! Remettre du lien dans les équipes c’est souvent le point de bascule pour tout le reste.